C. 85. Il est certain que jamais les rose-croix, les adeptes, les prophètes et tout ce qui s’y rapporte, ne furent aussi nombreux, aussi écoutés. La conversation roule presque uniquement sur ces matières; elles occupent toutes les têtes; elles frappent toutes les imaginations… En regardant autour de nous, nous ne voyons que des sorciers, des adeptes, des nécromanciens et des prophètes. Chacun à le sien, sur lequel à compte.
C. 88. des personnes de tous les rangs, unies par le même lien.
Que la fiérte des gens de haut rang soit choquée du mélange d’ états et de conditions que l’ on trouve chez moi cela ne m’étonne pas; mais je n’y sais rien. Mon humanité est de tous les rangs.
Les portes se ferment; on se place par ordre de souscription; et le petit bourgeois qui se croit pour un moment l’ égal d’ un cordon bleu, oublie ce que va lui coûter un siège de velours cramoisi bordé de l’ or.
48 personnes, parmi lesquelles on compte 18 gentilshommes presque tous d’ un rang éminent; 2 chevaliers de Malte; un avocat d’ un mérite rare; 4 médecins; 2 chirurgiens, 7 à 8 banquiers ou négociants ou qui l’ ont été; 2 ecclésiastiques; 3 moines.
C. 89. respect aveugle qui est dû au gouvernement: n’avons-nous pas dit que tout action, même toute pensée qui tend à troubler l’ ordre de la société, était contraire à l’ harmonie de la nature…
seigneur du château, sans apprêt, comme sans inquiétude ne paraît que pour maintenir l’ ordre et recevoir l’ hommage.
C. 91. On me demanda des règlements pour cette société, à laquelle on donna d’ abord, bien malgré moi, la ridicule denomination de loge.
C. 93. il y a bien des aimables de Paris qui aimeraient autant Bergassiser que mesmériser.
C. 94. J’ai renversé toutes les bases de son système et j’ai élevé sur les ruines de ce système un édifice, je crois, beaucoup plus vaste et plus solidement construit.
la morale universelle, sur les principes de la législation, sur l’ éducation, les mœurs, les arts etc.
C. 95. Bergasse ne me cacha pas qu’en élevant un autel au magnétisme, il n’avait en vue que d’ en élever un à la liberté. «Le temps est arrivé, me disait-il, où la France a besoin d’ une révolution. Mais vouloir l’ opérer ouvertement, c’est vouloir échouer; il faut, pour réussir, s’envelopper du mystère; il faut réunir les hommes sous prétexte d’ expériences physiques, mais, dans la vérite, pour renverser le despotisme». Ce fut dans cette vue qu’il forma dans la maison de Kornmann, où il demeurait, une société composée des hommes qui annonçaient leur goût pour les innovations politiques. De ce nombre étalent Lafayette, Deprémesnil (
C. 96. J’y prêchais la république; mais, à l’ exception de Clavière, personne ne la goûtait. Deprémesnil ne voulait débourbonailler la France (c’était son mot) que pour y faire régner le Parlement. Bergasse voulait un roi et les deux chambres, mais il voulait surtout faire le plan seul, et que ce plan fût rigoureusement éxecuté: sa manie était de se croire un Lycurgue.
On ne peut disconvenir que les efforts de Bergasse et ceux de la société qui se rassemblait chez lui n’ aient singulièrement contribué à accélérer la Révolution. On ne peut calcuier toutes les brochures sorties de son sein. C’est de ce foyer que partirent presque tous les écrits publiés en 1787 et 1788 contre le ministère, et il faut rendre justice à Kornmann: il consacra une partie de sa fortune à ces publications. On en dut plusieurs à Gorsas, qui essayait alors la plume satirique avec laquelle il a si souvent déchiré le monarchisme, l’ autocratie, le feuillantisme et l’ anarchie. Carra se distinguait aussi dans ces combats, auxquels je pris quelque part.
C. 100. [Vous] exercez sans cesse le despotisme le plus complet dont l’ homme soit capable… Vous devenez des souverains absolus chez le peuple malade. On vous l’ a dit cent fois: en criant contre le despotisme, vous en êtes les plus fermes appuis, vous en exercez vous-mêmes un révoltant.
C. 100. Il importe d’ y maintenir, comme un moyen constant de civilisation, tous les préjugés qui peuvent rendre la médecine respectable… Le corps des médecins est un corps politique, dont la destinée est liée avec celle de l’État… Ainsi dans l’ ordre social, il nous faut absolument des maladies, des drogues et des lois, et les distributeurs des drogues et des maladies influent peut-être autant sur les habitudes d’ une nation que les depositaires des lois.
la politique de l’État, auquel il importe de conserver ces deux corps.
C. 102. la destruction de cette science fatale, la plus ancienne superstition de l’ univers, de cette médecine tyrannique qui, saisissant l’ homme dès le berceau, pèse sur lui comme un préjugé réligieux.
Марина Артуровна Вишневецкая , Алексей Игоревич Павловский , Марк Иехиельевич Фрейдкин , Мишель Монтень , Солоинк Логик
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